Le choix du Général Tiemoko Marc GARANGO est motivé des raisons simples. C’est d’abord les valeurs et principes que l’homme a incarné toute sa carrière durant. Le Général GARANGO a en effet été guidé dans toutes les fonctions publiques qu’il a eu à exercer au Burkina Faso la rigueur, la discipline, l’intégrité et le don de soi. Ces valeurs humanistes sont aujourd’hui rares au sein des élites africaines.
A revisiter le parcours de cet homme, on ne peut qu’être impressionné, sinon séduit par le niveau d’engagement et de dévouement dont il a fait montre. Il fait partie de ces hommes dont on cite encore, souvent avec nostalgie, l’exemplarité et la droiture dans la gestion des affaires publiques. Servir l’intérêt général sans calcul a été son code de conduite aussi bien dans ses fonctions militaires que civiles.
Avec la crise de l’engagement qui secoue le monde actuel, marqué par l’éclosion des valeurs matérialistes et individualistes, immortaliser le nom du Général GARANGO procède d’une volonté d’offrir à la jeunesse africaine des repères porteurs pour construire l’avenir. L’homme est certainement un modèle à suivre, de par le rôle qu’il a joué dans l’histoire du Burkina Faso. Homme d’action, sa devise a toujours été « toujours agir, jamais subir ».
Il a placé l’intérêt public au dessus de toute autre considération
Dans toutes les hautes fonctions qu’il a occupées, dans une Afrique où le pouvoir politique était patrimonialisé, il a su placer l’intérêt public au dessus de toute autre considération. Gestionnaire méthodique et austère, il a impulsé une politique économique et financière rigoureuse qui continue à faire école sur le continent. Bien avant les experts de Brettons Wood, il a pensé et inauguré dans les années 60 une politique d’auto ajustement qui sauvé le Burkina Faso de cette époque des affres du chao économique.
Médiateur du Faso, le Général GARANGO a su se placer au dessus de la mêlée pour remplir avec dignité sa mission et a apporté une contribution notable à la préservation de la paix sociale au Burkina Faso. Dans une Afrique qui cherche encore ses repères, les valeurs d’impartialité face aux passions politiques et d’intégrité morale dans la gestion publique sont plus que jamais à promouvoir. Le Général a incarné ces valeurs.
En prenant son nom, les promoteurs de l’Institut ont donc voulu non seulement rendre hommage à une figure de proue de l’histoire africaine, mais aussi et surtout, promouvoir les valeurs qu’il a incarnées. Devant l’érosion des valeurs morales et l’ampleur de la mauvaise gouvernance en Afrique, l’analyse de la trajectoire de ce personnage emblématique montre éloquemment que l’Afrique a eu dans son histoire des hommes intègres et dévoués qui ont su faire corps avec le peuple, servir de manière désintéressée l’intérêt général. Cette race d’hommes est en voie de disparition, hélas !
Mais il est possible de ressusciter et sauvegarder ces valeurs morales et politiques en s’appropriant les principes qui ont guidé ces valeureux hommes. Le choix du nom du Général GARANGO par l’Institut participe de cette ambitieuse entreprise. Il est malheureux de constater qu’en Afrique et ailleurs dans le monde, très souvent, on attend la disparition d’un homme pour lui témoigner un hommage qu’il valablement mérité. Puisse cette initiative contribuer à valoriser et promouvoir l’engagement, le don de soi et l’intégrité en Afrique !